7.2.13

En souvenir d'André



J'ai beaucoup de retard dans mes billets de lecture… Essayons de le combler en commençant par En souvenir d'André, de Martin Winckler, offert par yann et lu en fin d'année. Je n'avais rien lu de lui depuis La Maladie de Sachs. En souvenir d'André est un très beau livre qui offre une réflexion sur la fin de vie, sur le droit de chacun à décider du moment de sa mort quand elle devient inéluctable et source de souffrance. L'auteur ne fait pas la leçon, n'impose pas un point de vue, mais raconte des histoires individuelles, toutes singulières et bouleversantes, qui parlent d'elles même.
Il m'a semblé que dans les trois premiers quarts du livre Martin Winckler jouait sur l'ambiguïté auteur/narrateur… Son narrateur étant un médecin qui, comme lui, est sensibilisé à la question de la douleur et dont les parcours ont de troublantes similitudes. Mais sur la fin, il devient évident que Martin Winckler n'est pas le narrateur. Le procédé est un brin agaçant car on a l'impression d'avoir été mené en bateau. En même temps, a t-il jamais voulu faire croire au lecteur qu'il parlait de lui ? {car l'histoire de ce médecin dont les gens se passent les coordonnées dans le plus grand secret quand ils ont besoin d'une "aide" reste très  romanesque } ou seulement rappeler par cette ambiguïté, que même s'il avait pu s'agir de lui, les actes commis par son narrateur étant illégaux (aider des patients à mourir, les accompagner activement ) ils ne sont pas "avouables" dans un roman. Le lecteur (moi en tout cas) est tout à fait convaincu par la démarche du narrateur, motivée par son humanité et son respect du droit d'autrui à décider dans quelles conditions il veut ou ne veut plus vivre. Si bien que rappeler au lecteur, par ce procédé de confusion auteur-narrateur, que le héros du livre, dans la vraie vie pourrait être jugé et condamné, finirait de rallier le lecteur à sa cause.
Peut être, sans doute même, que j'invente des intentions à l'auteur. En tout cas,  c'est un beau roman plein d'humanité et d'intelligence. Avec cette belle idée de ce médecin à la mémoire phénoménale qui, avant le dernier souffle de ceux qui l'appellent, recueille leurs secrets, leurs histoires, et remplit des carnets de ces confidences nécessaires.
















En souvenir d'André, de Martin Winckler, P.O.L, octobre 2012,


2 commentaires:

  1. Je viens de découvrir Martin Winckler, j'aime les thèmes qu'il aborde et les messages qu'il porte. Visiblement, ce thème/tome-ci devrait me plaire aussi!

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  2. tu m'en avais parlé quand on s'était vu en décembre ... je pense que je le lirais, c'est certain ... je laisse encore le temps apaiser ce qu'il doit apaiser et je le lirais. je t'embrasse **

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